Chadia Bazguioui : e-Learning au Maroc

Chadia 24 ans, dirige la filiale marocaine d’un groupe français spécialisé dans le e-learning (Edufactory Maroc). Une surprise, car on lui donnerait facilement quelques années de plus. Peut-être une attitude travaillée pour être prise au sérieux dans une société plutôt conservatrice. Il faut dire aussi que Chadia s’est très vite plongée dans le bain. A 22 ans, elle avait déjà créé sa première boîte de business développement. On est facilement sous le charme. Rien de tapageur, juste une intelligence relationnelle évidente

Dans la société marocaine plus qu’ailleurs la maturité semble plus rapide. Très tôt il faut apprendre à se faire respecter. Pour les femmes c’est plus difficile : on leur pardonne beaucoup moins. Et cela peut prendre du temps. Dans une société où les relations homme/femmes sont « compliquées » en amitié comme dans le travail, entretenir des relations d’affaires avec des clients très souvent masculins n’est pas chose aisée. Il faut réussir à développer une relation de sympathie sans laisser la place aux arrières pensées. Mais c’est surtout le regard des autres qu’il faut apprendre à gérer. Un homme peut facilement se permettre de multiplier les dîners d’affaires avec des personnes différentes. Une femme beaucoup moins… Sinon, c’est la porte ouverte aux sous-entendus et aux commérages.

A part ça, Chadia connaît la vie de tout chef d’entreprise marocain. Les principales difficultés rencontrées ? Le recouvrement, bien sûr, mais aussi la gestion du temps. « Il faut parfois plusieurs jours pour obtenir une simple information. Et les prises de décisions ici sont souvent très lentes. Les circuits sont longs, il y a beaucoup d’intermédiaires et un manque de communication au sein des entreprises. C’est un véritable problème économique. »

Pour Chadia, c’est un véritable exercice d’endurance quotidien. Il faut s’organiser, rester travailler tard le soir pour rattraper le temps perdu dans la journée à cause d’un rendez-vous décalé au dernier moment ou d’un retard inopiné… Un rythme qui laisse très peu de temps pour la vie privée. « Je suis très attachée à mon pays. J’ai envie de montrer qu’on peut faire toutes ses études au Maroc et réussir. Mais c’est une vie épuisante. On gaspille beaucoup d’énergie, on accumule beaucoup de stress. »

Pas question d’envisager un départ à l’étranger. Même si l’idée lui a effleuré l’esprit. « Si je veux un jour construire quelque chose de stable, je serais peut-être amenée à changer de destination. Ou à ralentir le rythme. Mais je n’aimerais pas avoir à faire ce choix. » Mais pour l’instant, Chadia mène sa barque avec doigté. L’avenir du Maroc est peut-être là, dans cette classe montante qui vit avec son temps (Vous pouvez trouver Chadia sur Facebook et Viadeo).

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Installé à Casablanca je dirige Casavisa (www.casavisa.com) une agence immobilière à destination des professionnels. Vous pouvez aussi consulter la rubrique Immobilier Casablanca sur mon blog.
Tous les articles écrits par Laurent Bervas.

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